Gloire éternelle à l’Espagne

L’Espagne est déjà dans la légende. La Roja a signé un triplé inédit en remportant l’Euro 2012 face à l’Italie (4-0), après avoir gagné l’Euro 2008 et la Coupe du monde 2010. La formation de Vicente Del Bosque a fait la différence en première période grâce à des buts de David Silva (14e) et Jordi Alba (41e) avant d’aggraver la marque en fin de match par Fernando Torres (84e) et Juan Mata (88e) face à une équipe italienne émoussée et sans réalisme, obligée de jouer à dix à partir de la 61e minute suite à une blessure musculaire de Thiago Motta. L’Espagne fait ainsi mieux que l’Allemagne, battue en finale de l’Euro 1976 après avoir gagné l’Euro 1972 et la Coupe du monde 1974, et que la France, sortie au premier tour de la Coupe du monde 2002 après ses succès à la Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000. Longtemps pointée du doigt pour son incapacité à gagner des titres, la Roja affiche désormais la suprématie la plus longue de l’histoire du football au niveau international.

L’Italie n’a jamais été en mesure de le contester. Elle a vu les vagues rouges déferler sur son but dès les premières minutes de cette finale. Et l’Espagne a été réaliste. Gianluigi Buffon, d’abord soulagé de voir une frappe de Xavi passer légèrement au-dessus de sa barre (10e), s’est incliné sur le premier tir cadré espagnol. Sur une passe géniale d’Andres Iniesta, Cesc Fabregas a adressé un centre repris victorieusement par David Silva (1-0, 14e). L’attaquant de Manchester City restera comme l’un des éléments les plus influents de l’attaque de la Roja. Avec deux buts et trois passes décisives, il a été directement impliqué sur la moitié des buts de son équipe au cours du tournoi. Et rendu concret le pire scénario possible pour des Italiens handicapés par la sortie sur blessure de Giorgio Chiellini (21e), et qui ont ensuite systématiquement buté sur Iker Casillas. Le dernier rempart espagnol a surtout fait parler la qualité de son placement sur des les tentatives de Mario Balotelli (27e) et d’Antonio Cassano (29e, 33e).

Le cauchemar n’en était pourtant qu’au début pour l’Italie. Sur un contre espagnol, la défense transalpine, trop attentiste, a laissé filer Jordi Alba vers un duel face à Buffon sur un service parfait de Xavi. Le futur Barcelonais, révélation espagnole de l’Euro, a doublé la mise avec sang froid (2-0, 41e). Avec deux buts de retard à la pause, Cesare Prandelli a bien tenté de modifier le cours de choses en faisant entrer Antonio Di Natale pour Cassano. Mais le buteur de l’Udinese n’a pas connu plus de réussite que ses coéquipiers, manquant le cadre de la tête (47e) avant de voir sa frappe à bout portant renvoyée par un Casillas encore bien placé (51e). Pour ne rien arranger, Thiago Motta, à peine entré en jeu (57e), s’est blessé à la cuisse quasiment dans la foulée, laissant son équipe terminer la rencontre à dix puisqu

Avec deux buts de retard et en infériorité numérique, l’Italie a bu le calice jusqu’à la lie. Et Fernando Torres, entré en jeu à la place de Cesc Fabregas pour le dernier quart d’heure, s’est chargé d’administrer la sentence. Lancé dans le dos de la défense par Xavi, « El Niño », déjà buteur en finale de l’Euro 2008, a récidivé en trompant Buffon d’un plat du pied tout en douceur (3-0, 84e). L’attaquant de Chelsea, une nouvelle fois abandonné par la défense italienne dans la surface, s’est ensuite mué en passeur pour offrir le quatrième but à Juan Mata (4-0, 88e). Le duel si serré auquel la plupart des observateurs s’attendait n’a pas eu lieu. L’Espagne, qui a au passage aligné un neuvième match à élimination directe sans prendre de but dans en compétition international, a affiché sa supériorité dans cette finale à sens unique. Comme une preuve supplémentaire de sa domination incontestable sur le football mondial, symbolisée par ce triplé inédit. Ses yeux peuvent maintenant se tourner vers le Brésil.

 

 

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