Le drapeau Burundais présent lors des jeux olympiques de Londres.

L’un des grands artistes burundais va représenter son pays lors des Jeux olympiques de Londres. Il s’agit d’une première dans l’histoire du pays, surtout quand l’on connaît le quotidien des artistes de ce pays africain. En fait, l’État burundais n’a jamais contribué pour que le jeune Steven Sogo s’envole vers l’Angleterre dans le cadre de cette rencontre mondiale. Il se dit malgré tout fier de représenter son pays aux côtés d’autres vedettes africaines.

Le dimanche 22 juillet, M. Sogo convie donc les amateurs de musique à un nouveau rendez-vous. L’artiste doit participer au festival The BT River of Music dans la capitale anglaise, considéré comme un lever de rideau pour les Jeux qui débutent le 27. Plus de 10 millions de personnes sont attendues lors de cet événement mondial. Steven Sogo y offrira une prestation aux côtés de grands noms de la musique africaine, tels que Sékou Keita, Angélique Kijo et une dizaine d’autres venus du continent noir.

Pour l’artiste, il s’agit là d’un honneur non seulement pour sa personne, mais également pour son pays natal, ainsi que pour toute l’Afrique. « C’est une grande promotion pour moi d’avoir été invité pour les jeux olympiques, où je devrai exhiber mes talents devant un grand public venu du monde entier. C’est aussi la visibilité de mon pays au niveau international. »

À travers Steven Sogo, c’est l’image du Burundi qui se crée sur la planète. C’est en quelque sorte le Burundi qui participe. Le musicien va présenter un spectacle intitulé Tamarundi en collaboration avec un autre musicien nigérienne. « Il s’agit d’une musique mélangée de deux langues, le kirundi et le nigérien, pour bien faire sentir le son vraiment africain. C’est en quelque sorte l’Afrique qui parle. Avec la fusion de nos deux langues dans un même spectacle, on va faire sentir une fusion originale, qui montrera également que les africains n’ont pas qu’à s’entredéchirer, mais qu’ils doivent être unis. »

Aucune contribution du Burundi

Si les artistes venus d’autres pays ont eu le soutien de leurs nations, ce n’est pas le cas pour le jeune Steven qui, à 29 ans, ne ménage aucun effort nuit et jour pour que la musique burundaise ait un succès sur la scène tant nationale qu’internationale. Il déplore que le gouvernement ne lui ait offert un quelconque soutien : « le gouvernement ne sait même pas si je vais représenter le pays. Simplement je travaille avec l’agence « Access All Areas », et c’est celle qui a envoyé mon nom là-bas pour que je représente l’Afrique. Comme j’ai toujours été seul, en solo, je reste toujours seul; et j’évolue, les gens vont me rattraper là où je serai dans mon parcours. »

Les artistes burundais doivent encore composer avec des difficultés. Bien qu’ils soient nombreux, ils n’ont presque aucun soutien de la part des décideurs. Comme pour preuve, c’est quasi impossible qu’ils puissent vivre de leurs arts sur le sol burundais. Ceux qui ont eu des moyens ont cherché des visas pour aller vivre dans d’autres cieux. C’est le cas pour Jean-Pierre Nimbona alias Kidum qui a déjà sa nationalité kényane, la Burundo-Belge Kdja Nine, Léonard Niyomwungere et Africa Nova qui habitent au Canada, pour ne citer que ceux-là. Steven Sogo, qui ne lâche pas prise au Burundi, continue ainsi d’interpeller l’autorité publique burundaise pour qu’elle intervienne en faveur des musiciens.

Source :pieuvre.ca

Yann SANTANNA

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