La mise en place des nouvelles méthodes et la disposition du matériel didactique s’avèrent nécessaire pour assoir un enseignement de qualité

Suite à la politique de gratuité de la scolarisation dans les écoles primaires mise en vigueur depuis 2005, il s’observe après l’orientation des lauréats au concours national, une certaine disparité des effectifs dans les classes de 7ème année. Cela s’établit justement entre les lycées publics et les collèges communaux aujourd’hui  devenus à grande majorité  des lycées communaux. Cette inégalité s’explique par les critères d’orientation dont la note fixée et la proximité. Tenant compte de ces critères, il se manifeste une surabondance des élèves surtout  au niveau des lycées communaux. Cela cause problèmes au moment de l’apprentissage dans la mesure où le matériel didactique est insuffisant et les enseignants ne détiennent pas la méthodologie de pouvoir enseigner voire gérer  des effectifs assez élevés des apprenants.

Comment se saisissent les critères d’orientation ?

L’élève doit étudier dans un établissement qui est proche de son domicile, a dit Mme Nzohabonayo

Corinthe Nzohabonayo, Inspecteur  Général de l’Enseignement de base et secondaire a expliqué les deux critères d’orientation. Concernant le premier critère, elle a indiqué qu’il y a une note  exigée pour qu’un élève soit orienté dans un lycée public. Ladite note dépend du taux de réussite. « Il est en de même pour  les lycées communaux », a-t-elle dit. Quant au second critère, l’inspecteur général a souligné que l’élève réussi doit étudier dans un endroit qui est proche de son domicile. Elle a ajouté que d’une façon générale, les places qui sont réservées aux lycéens tournent autour de 3000. Pour cette année scolaire 2012-2013, les lycéens comptent 3.250.  Ceux qui ont été admis à suivre les études dans les lycées communaux sont au nombre de 109.217 élèves.

Face à cette disparité, comment s’effectue l’apprentissage au niveau des lycées publics et les lycées ou collèges communaux ? Pour illustrer ces cas, une visite a été effectuée au  lycée communal de Kanyosha  ainsi qu’au lycée du Lac Tanganyika.

Les classes de 7ème année se trouvant au  lycée communal  de Kanyosha sont assez surpeuplées, ce qui ne favorise pas le bon apprentissage. Cela ressort des propos recueillis auprès  d’un élève et du professeur de français en 7ème année lors de l’entrevue.

« Il existe 4 salles de classe pour la 7ème année et chaque salle contient 129 élèves », a fait savoir Mme Kaneza Béatrice. Elle a indiqué que suite à ce surcroit, les élèves asseyent 4 à 5 par banc pupitre. « Ils sont assez serrés à tel enseigne qu’ils ne peuvent pas bien prendre note », a-t-elle ajouté.

Notre interlocutrice a signalé  que durant le cours, elle doit sillonner dans toutes les rangées pour que les élèves puissent capter quelque chose. Pour ce qui est de la correction des exercices et des interrogations qui se font en classe, le professeur  a dit qu’il est difficile de bien contrôler et/ou de corriger chaque copie dans la mesure où il doit corriger plus de 240 copies étant donné qu’il dispense le cours de français dans les deux classes.

Agée de 15 ans, Anick Ndayisenga  élève de la 7ème année audit lycée a précisé que l’école dispose peu de livres qui sont en bon état et dans ce cas, un seul livre est partagé par 5 élèves. « De ce fait, il s’observe certains élèves qui rentrent sans même toucher les bouts du livre », a-t-elle ajouté.  Dans le même ordre d’idées, notre personne ressource a signalé que pendant les interrogations, les professeurs font sortir deux ou trois rangées pour faciliter le bon travail et aussi éviter les tricheries. Mlle Ndayisenga a souligné que ce système élaboré est bon mais le seul problème qui se pose, se rapporte au timing dans la mesure où les élèves qui travaillent dans le deuxième tour ne parviennent pas à bien finaliser le travail qui leur est assigné.  Pour remédier à cette situation pléthorique, nos interlocutrices demandent le gouvernement d’acheter assez du matériel didactique et  continuer la politique de construire des salles de classes et surtout au niveau des lycées communaux.

Arrivé au lycée du Lac Tanganyika, la différence saute directement aux yeux. Les salles de classe de la 7ème année sont bien aérées. Les effectifs des élèves sont en moyenne de 48 par  salle de classe. Chaque banc pupitre est occupé par deux élèves. Le directeur du lycée du Lac Tanganyika, Eric Kivuto a affirmé  que ledit lycée possède le matériel didactique complet dont les livres, les bancs pupitres, les laboratoires. M. Kivuto a indiqué que  les enseignants  sont compétents et cela favorise le bon apprentissage.

Face à la situation pléthorique, que disent les personnes intéressées par le domaine d’éducation

Le spécialiste des questions du système didactique Burundais, Antime Mivuba, a fait savoir  que  d’une façon globale, les effectifs qui sont enregistrés dans les classes de 7ème année et surtout dans les lycées communaux varient en moyenne entre 90 et 120 élèves par salle de classe.  « Cela est une bonne chose car ça constitue une certaine amélioration au niveau de la scolarisation à l’enseignement secondaire », a-t-il indiqué. M. Mivuba a précisé que dans les années antérieures, le taux de scolarisation au secondaire était de 18% alors qu’aujourd’hui, il est de 50%.

Les spécialiste des questions didactiques Burundais salue la politique de scolarisation pour tous. Mais il a laissé entendre qu’avec cette pléthore, la qualité de l’enseignement et celle des élèves est complètement menacée. Il a ajouté qu’à cet effet, l’enseignant emprunte une méthode  impositive pour dire qu’il n’enseigne plus les élèves mais la classe. Dans la même marge  d’idées, l’enseignant n’envisage pas la méthode de donner des évaluations formatives régulières dont  les devoirs et interrogations et s’il les donne, il n’arrive pas à bien les corriger. Encore plus, l’enseignant qui était déjà démotivé par un salaire insuffisant, face à ce surcroit d’effectifs, il devient plus démotivé. De ce fait, l’élève qui a un niveau assez bas est totalement rejeté.

M. Mivuba  a souligné que le manque de matériel fait défaut à cette politique de scolarisation pour tous. Il a donné l’exemple d’un livre qui, dans les années passées, était partagé pour 2 élèves mais voilà qu’aujourd’hui, il l’est pour 5 élèves et même plus, ce qui se comprend très bien qu’en dehors de la classe, l’élève ne peut rien faire pour améliorer ses apprentissages.  A cela s’ajoute l’inexistence des laboratoires, des bibliothèques ainsi que l’insuffisance des bancs pupitres, le banc pupitre qui était destiné pour 3 élèves, aujourd’hui, il est occupé par  4 ou 5 élèves. Ces derniers se serrent à tel point qu’il leur est difficile d’écrire. Durant les évaluations, ces  élèves se copient l’un à l’autre, cela à des répercussions dans leur vie future, on assiste aux cas de détournement, etc.

       Pour bien ancrer la politique de scolarisation pour  tous  et à  tous les niveaux, primaire et secondaire, M. Mivuba a précisé que le gouvernement doit continuer à mettre en exécution la politique de construction des nouvelles salles de classes et aussi songer a former beaucoup d’enseignants à l’appui des méthodes appropriées. Il souhaite que le ministère chargé de l’éducation puisse chercher des financements partout où c’est possible afin de bien équiper les laboratoires et  les bibliothèques.

Le spécialiste des questions didactiques Burundais a également souligné qu’il s’avère nécessaire que les programmes enseignés à l’école primaire et  secondaire soient revus pour  concevoir des nouveaux profils qui correspondent avec notre temps.

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